Témoignages de sages : Allotrope donne la parole aux anciens | Textes, Podcasts et Photos
Un projet mené à Lewarde par l’autrice et podcasteuse Céline Balloy, le photographe Kalimba et d’autres artistes partenaires.
Je m’appelle Jeanne-Marie, j’ai 74 ans, je suis native de Lewarde, comme mes grands-parents et mes parents, j’ai grandi rue de Loffre, et je suis élue de la commune depuis 40 ans !
J’ai toujours aimé mon village. Je me rappelle encore de cette odeur de houblon qui venait de la brasserie et que je reniflais sur le trajet de l’école.
Photo @Céline Balloy
C’est ici, à Lewarde, que j’ai passé mon enfance, que je me suis mariée et que j’ai élevé mes enfants. J’ai le souvenir d’une enfance heureuse. On profitait de chaque événement qui se présentait. Il n’y en avait pas tant que ça, alors on ne loupait rien !
Au moment de la ducasse était organisé un « bal volant ». On installait un grand plancher sous un chapiteau, un orchestre animait la soirée, et tout le village se retrouvait pour danser et boire un verre. C’était un moment très attendu. À cette époque, tout le monde se connaissait et se parlait. Comme Joëlle, j’ai connu les soirs d’été où les gens se retrouvaient dans la rue de Loffre entre voisins pour discuter. Je me rappelle d’un riverain qui étendait un drap blanc dans le jardin et projetait un film à regarder tous ensemble. Aujourd’hui, on se dit bonjour, mais on ne ferait plus ça.
Sans oublier les pigeons
J’ai aussi connu les concours de pigeons. Ils étaient lâchés du côté de Paris et ils devaient revenir tout seuls à Lewarde. Ces concours existent encore, par contre les combats de coqs sont interdits aujourd’hui. À l’époque, j’accompagnais mon père et mon grand-père à la salle des fêtes de Lewarde pour y assister. Le coq finissait souvent dans la casserole. Même s’il avait gagné, il succombait à ses blessures.
Il y avait aussi des combats de catch le dimanche ! C’était les années 60, on n’était pas habitué à cette violence mais on savait que c’était une mise en scène et un spectacle. Et dans nos villages, c’était rare de voir ça !
Je me rappelle aussi très bien que mon père et mon grand-père faisaient du javelot dans le bois l’été et en salle l’hiver. À cette époque les femmes n’étaient pas admises. Aujourd’hui, ça s’est féminisé. Et les associations existent toujours : Les Houillères et les Sangliers.
Mon mari ? Je l’ai rencontré au collège, on faisait partie de la même bande de copains. Ce n’était pas si facile de rencontrer des garçons de son âge. En dehors des manifestations proposées et des bals, le seul moyen de se fréquenter entre jeunes c’était d’aller se promener au bois. Chut ! Les parents n’étaient pas toujours au courant !
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